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Access Financial: Semaines de quatre jours et journées de 13 heures_La Grèce adopte une réforme majeure du droit du travail

Semaine de quatre jours et journées de 13 heures : la Grèce adopte une réforme majeure du droit du travail

Table des matières
  • Adieu la paperasse : plus de flexibilité pour les postes à temps partiel et en rotation
  • Le débat sur la journée de travail de 13 heures : prolongation des heures supplémentaires avec consentement
  • La semaine de travail de quatre jours devient réalité
  • Des congés annuels simplifiés et des avantages familiaux renforcés
  • Recrutement accéléré pour les besoins saisonniers et à court terme
  • La Grèce passe au numérique : le nouveau système de carte de travail
  • Santé, sécurité et retraités actifs
  • Ce que les employeurs devraient faire ensuite

La Grèce a lancé l'une de ses réformes du travail les plus ambitieuses depuis des décennies, redéfinissant la manière dont le temps, la flexibilité et la surveillance numérique façonnent le monde du travail moderne. La loi n° 5239/2025, intitulée « Un travail équitable pour tous : simplification de la législation – soutien aux travailleurs – protection dans la pratique – ajustements des retraites », a été adoptée par le Parlement hellénique en octobre 2025. Elle introduit des changements majeurs en matière de temps de travail, de congés annuels, de prestations familiales et de déclaration numérique.

Pour les employeurs, cette loi représente à la fois un défi en matière de conformité et une occasion de moderniser la planification des effectifs, de simplifier les démarches administratives et de s'aligner sur le modèle d'emploi grec axé sur le numérique.

Adieu la paperasse : plus de flexibilité pour les postes à temps partiel et en rotation

La loi supprime les anciennes restrictions relatives aux contrats à court terme, permettant ainsi aux employeurs et aux salariés de convenir librement de la durée de ces contrats sans avoir à en informer l'Inspection du travail. Les travailleurs en rotation peuvent désormais effectuer des heures supplémentaires, ce qui offre aux entreprises de secteurs tels que le tourisme et l'industrie manufacturière une plus grande flexibilité pour faire face aux fluctuations de la charge de travail.

Le débat sur la journée de travail de 13 heures : prolongation des heures supplémentaires avec consentement

La mesure la plus controversée concerne les heures supplémentaires. Les limites quotidiennes passent de trois à quatre heures, ce qui permet aux salariés de travailler jusqu'à 13 heures par jour – huit heures normales et cinq heures supplémentaires – à condition qu'ils donnent leur accord écrit. La rémunération des heures supplémentaires augmente de 20 % pour la première heure supplémentaire et de 40 % pour les suivantes. Les journées prolongées doivent être compensées par des heures réduites le reste de la semaine et ne peuvent dépasser 37,5 jours par an. Les salariés qui refusent de faire des heures supplémentaires restent pleinement protégés contre le licenciement.

La semaine de travail de quatre jours devient réalité

Pour la première fois, la Grèce met en place une option permanente de semaine de travail de quatre jours. Les employeurs et les salariés peuvent convenir d’une journée de 10 heures répartie sur quatre jours ouvrés, sans réduction de salaire. Ce modèle favorise un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, en particulier pour les parents et les aidants, tout en permettant aux entreprises d’optimiser la gestion des horaires et de réduire les coûts liés aux jours chômés. Cette mesure s’inscrit dans une tendance européenne plus large vers des modalités de travail flexibles qui privilégient la productivité plutôt que la présence physique.

Des congés annuels simplifiés et des avantages familiaux renforcés

La réglementation relative aux congés annuels autorise désormais les salariés à fractionner leurs congés en plus de deux périodes par an, à condition que les deux parties soient d'accord. Les employeurs déclarent les congés par voie électronique via le système ERGANI II, ce qui permet de supprimer les registres papier.

Les protections en matière de famille et de maternité sont également renforcées. Les allocations parentales sont désormais exonérées d'impôt, incessibles et à l'abri de toute saisie. La protection liée à la maternité s'étend aux mères d'accueil et aux mères adoptives d'enfants âgés de huit ans maximum (contre six auparavant), et les prestations sont transférables d'un employeur à l'autre et d'une caisse d'assurance à l'autre, garantissant ainsi la continuité pour les parents qui travaillent.

Recrutement accéléré pour les besoins saisonniers et à court terme

Un nouveau mécanisme de recrutement « Fast Track » aide les employeurs à répondre aux besoins en main-d'œuvre saisonniers ou urgents. Il est désormais possible de conclure des contrats à durée déterminée d'une durée minimale de deux jours via la plateforme numérique ERGANI II. Les travailleurs reçoivent et acceptent les conditions par voie électronique via l'application MyErgani avant de commencer à travailler. Toute modification apportée au contrat doit également être approuvée par voie électronique, ce qui garantit une transparence et une traçabilité totales.

La Grèce passe au numérique : le nouveau système de carte de travail

Au cœur de la réforme se trouve l’extension de la « carte de travail numérique », un outil permettant d’enregistrer les présences et le temps de travail. Le nouveau système prévoit une marge de flexibilité de 120 minutes pour pointer à l’arrivée ou au départ et prend en compte le temps de préparation : 30 minutes dans l’industrie et 10 minutes dans les autres secteurs. Les salariés peuvent bénéficier de jusqu’à trois enregistrements non consignés par mois sans pénalité, et toute réduction de salaire liée à la carte est considérée comme nulle. Les registres papier traditionnels, tels que les tableaux de service, les carnets de congés et les bulletins de paie, sont désormais remplacés par des registres entièrement numériques dans ERGANI II.

Santé, sécurité et retraités actifs

Les règles en matière de santé et de sécurité sont renforcées. Les entreprises comptant plus de 20 salariés doivent désormais désigner un technicien de sécurité (contre 50 auparavant). Les rapports des médecins du travail et des responsables de la sécurité doivent désormais être transmis par voie électronique, tandis que le nouveau système national, HIRIDANOS, assurera un suivi en temps réel du respect de ces règles. La Grèce ratifie également trois conventions de l’Organisation internationale du travail, réaffirmant ainsi que la sécurité au travail est un droit fondamental.

Pour les retraités qui continuent à exercer une activité professionnelle, la loi gèle la cotisation de solidarité (EAS), garantissant ainsi que les revenus du travail n'entraînent pas d'augmentation des retenues ni de réduction du montant global des prestations de retraite.

Ce que les employeurs devraient faire ensuite

La loi n° 5239/2025 offre davantage de souplesse et de simplification, mais impose également un respect plus strict de la réglementation. Les employeurs doivent revoir les contrats de travail, les politiques en matière d’heures supplémentaires et les procédures internes afin de les mettre en conformité avec le nouveau cadre réglementaire. Les équipes des ressources humaines ont besoin d’une formation ciblée sur la déclaration numérique, les limites des heures supplémentaires et les droits des salariés. Il sera essentiel de renforcer les protocoles de sécurité au travail et de veiller à la clarté de la documentation via ERGANI II.

Le nouveau cadre réglementaire du travail en Grèce marque un tournant vers la flexibilité, la numérisation et la responsabilité partagée. Pour les employeurs prêts à s’adapter, il offre l’occasion de moderniser la gestion des effectifs tout en créant des environnements de travail plus équitables et plus résilients.