Aller directement au contenu
Access Financial: Risques liés aux établissements stables et télétravail en 2026

Risques liés à l'établissement stable et télétravail en 2026

Table des matières
  • Qu'est-ce qui caractérise un « PE » ? Les trois itinéraires classiques
  • Quelles autres conséquences peut-on attendre d'un séjour prolongé ?
  • Pourquoi 2026 marque-t-il un tournant ? Des frontières qui comptent les jours
  • Comment les employeurs s'y prennent-ils ? Un cadre en cinq étapes
  • Résumé — points clés à retenir
  • FAQ

Le risque lié à l'établissement stable survient lorsque le télétravail confère à une entreprise une présence imposable à l'étranger — par le biais d'un lieu d'activité fixe (y compris un bureau à domicile obligatoire), d'un agent dépendant concluant habituellement des contrats, ou d'une direction prenant des décisions depuis un autre pays. Les journées de télétravail occasionnelles à l’initiative des salariés ne constituent que rarement un « PE » ; en revanche, les schémas récurrents, les exigences de l’employeur et les activités de signature de contrats en constituent un — et à partir du 9 avril 2026, le système biométrique d’entrée et de sortie de l’UE permettra de visualiser les séjours en temps réel.

Si vous laissez un employé non autorisé travailler de manière non conforme depuis un pays non autorisé, votre entreprise risque d’acquérir une présence fiscale dans ce pays — avec, à la clé, des déclarations d’impôt sur les sociétés, des retenues à la source sur les salaires et des pénalités à la clé. En 2026, ce risque ne sera plus purement théorique : les autorités fiscales échangeront automatiquement des données, les régulateurs étendront les règles du pays d’accueil aux travailleurs à distance, et l’EES enregistrera chaque passage de frontière. Ce guide explique dans quels cas le travail à distance crée une « présence fiscale » ( PE), quelles autres conséquences cela entraîne, et comment les employeurs peuvent préserver leur flexibilité sans s’exposer à des problèmes fiscaux.

Qu'est-ce qui caractérise un « PE » ? Les trois itinéraires classiques

  1. Établissement fixe : lieu mis à la disposition de l'employeur et par l'intermédiaire duquel l'activité est exercée — un bureau à domicile peut être considéré comme tel lorsque l'employeur exige ou attend que le travail y soit effectué de manière continue, notamment en l'absence de toute autre présence sur le territoire national et lorsque ce bureau joue un rôle essentiel dans l'activité principale de l'entreprise.
  2. Agent mandataire : personne qui conclut habituellement des contrats ou qui joue un rôle prépondérant dans leur conclusion — un directeur commercial qui conclut des ventes depuis une résidence secondaire à l'étranger en est l'exemple type.
  3. Présence de la direction : le fait que des cadres supérieurs prennent des décisions clés depuis un autre pays peut déplacer le centre de gravité de la gestion effective — ce qui constitue la conséquence la plus grave, car cela peut entraîner le transfert du siège social de l'ensemble de l'entreprise.

Les journées de télétravail ponctuelles, véritablement à l'initiative des salariés, ne créent que rarement une « PE ». Ce sont les habitudes qui en sont la cause : séjours récurrents, obligation ou encouragement de la part de l'employeur, activités en contact avec les clients ou liées à la signature de contrats, et une durée qui se compte en mois.

Quelles autres conséquences peut-on attendre d'un séjour prolongé ?

CoucheCe qui peut être déclenchéSignaux typiques
Impôt sur le revenu des particuliersRésidence dans le pays d'accueil et retenues à la source sur les salairesTests de 183 jours, résidence permanente, centre d'intérêts vitaux
Sécurité socialeContributions de l'animateur, sauf indication contraireA1 Ce certificat permet aux travailleurs de l'UE/EEE de rester dans leur régime d'origine en cas de détachement ou d'activité professionnelle dans plusieurs États
Droit du travailMises en place des mesures de protection obligatoiresL'Espagne impose l'enregistrement du temps de travail aux télétravailleurs — des amendes pouvant aller jusqu'à 7 500 € par salarié
ImmigrationDroit de travailler et de séjournerRègle Schengen « 90/180 » pour les visiteurs exemptés de visa ; autorisation de travail pour les activités productives
Protection des donnéesFrais de transfert et de garantieDonnées clients consultées depuis des pays tiers

Il existe des accords bilatéraux, mais leur portée est limitée : l’accord entre la Suisse et la France permet aux frontaliers de télétravailler depuis la France jusqu’à 40 % de leur temps de travail annuel, mais il s’accompagne de nouvelles obligations de déclaration pour les employeurs à compter du 1er janvier 2026, ainsi que d’un échange automatique des données salariales. Allègement et surveillance vont de plus en plus de pair.

Pourquoi 2026 marque-t-il un tournant ? Des frontières qui comptent les jours

Le système d’entrée et de sortie est devenu obligatoire à toutes les frontières extérieures de l’espace Schengen le 9 avril 2026, remplaçant les tampons sur les passeports par des données biométriques. Chaque entrée et sortie est enregistrée de manière centralisée : la règle des 90/180 est désormais appliquée par une base de données plutôt que par un garde-frontière qui scrute les tampons à l’encre. Les salariés qui prolongeaient discrètement leurs « workcations », et les employeurs qui préféraient fermer les yeux, ne peuvent plus se retrancher derrière l’ambiguïté. Les visas pour nomades numériquesrésolvent en partie le problème des particuliers, mais pas celui des employeurs : le Portugal exige un revenu mensuel d’environ 3 680 €, l’Italie 33 000 € par an ainsi que des déclarations de l’employeur — mais un visa de nomade n’empêche pas l’ PE e et ne suspend pas la législation du pays d’accueil en matière d’emploi et de sécurité sociale. Il faut le considérer comme un outil d’immigration s’inscrivant dans un dispositif plus large, et en aucun cas comme le dispositif lui-même.

Comment les employeurs s'y prennent-ils ? Un cadre en cinq étapes

  • Commençons par la politique : définissons qui est autorisé à travailler à l’étranger, où, pendant combien de temps (20 à 30 jours ouvrés par année glissante constituent généralement un plafond à faible risque), et quelles activités sont interdites à l’étranger — notamment la négociation et la signature de contrats.
  • Processus de validation : chaque demande est enregistrée, évaluée en fonction des risques et validée avant le départ ; les jours d'absence sont suivis de manière centralisée — partez du principe que les autorités ont accès aux mêmes données frontalières que vous.
  • Vérification des fonctions : des restrictions plus strictes pour les commerciaux, les cadres et toute personne disposant d’un pouvoir de signature — la voie de l’agent dépendant est la plus rapide pour obtenir une « PE ».
  • Formalités administratives délibérées : certificats « A1 » ou attestations de couverture, contrôles 90/180, accords écrits relatifs au télétravail garantissant que les locaux ne sont pas à la disposition de l’employeur.
  • Passez à l'étape suivante : si un collaborateur a réellement besoin de vivre et de travailler à l'étranger au-delà de vos seuils, embauchez-le en bonne et due forme sur place. Notre service « EOR » assure l'intégration en 3 à 5 jours dans plus de 60 pays ; ainsi, une expatriation ne deviendra jamais un risque fiscal pour votre entreprise.

Résumé — points clés à retenir

  • Trois modes d'PE : établissement fixe (y compris le télétravail obligatoire), agent dépendant, présence de la direction.
  • Une seule mesure peut avoir des répercussions sur cinq domaines à la fois : la fiscalité des particuliers, la sécurité sociale, le droit du travail, l'immigration et la protection des données.
  • À compter du 9 avril 2026, le système EES enregistrera de manière biométrique chaque passage aux frontières Schengen — la règle des 90/180 jours sera appliquée via la base de données.
  • Les visas « nomades » régissent le statut d'immigration de la personne concernée, et non la responsabilité de l'employeur en matière d'PE s ou de droit du travail.
  • L'architecture opérationnelle repose sur les éléments suivants : politique, processus de validation, vérification des rôles, formalités administratives et remontée des problèmes vers l'EOR .

FAQ

Qu'est-ce qui constitue un établissement stable ?

Qu’est-ce qui constitue un établissement stable ? Selon la plupart des conventions fiscales : un lieu d’activité fixe mis à la disposition de l’employeur (un bureau à domicile peut être considéré comme tel lorsque l’employeur exige que le travail y soit effectué de manière continue), un agent dépendant qui conclut habituellement des contrats ou en facilite la conclusion, ou encore une gestion effective exercée depuis le pays. Les schémas récurrents et l’activité de signature de contrats ont bien plus d’importance que quelques journées occasionnelles de télétravail.

Comment les employeurs peuvent-ils réduire le risque lié à l'établissement stable ?

Les employeurs réduisent le risque lié à l’établissement stable en élaborant des politiques : ils limitent le nombre de jours de travail à l’étranger (le plafond habituel est de 20 à 30 par année glissante), interdisent la négociation et la signature de contrats à l’étranger, appliquent les critères de sélection les plus stricts aux postes de vente et de direction, enregistrent et approuvent chaque séjour, obtiennent des certificats d’ A1 et prouvent que les bureaux à domicile ne sont pas à la disposition de l’entreprise. Au-delà de ces seuils, ils emploient la personne dans le pays en bonne et due forme, généralement via une EOR.

Le télétravail entraîne-t-il une résidence fiscale ?

Le télétravail peut entraîner la résidence fiscale de la personne physique — en vertu des critères de présence de 183 jours, d'une résidence permanente ou d'un centre d'intérêts vitaux dans le pays d'accueil —, ce qui implique pour l'employeur des obligations de retenue à la source sur les salaires versés dans le pays d'accueil, ainsi qu'une analyse des critères d'« PE ». Les aspects relatifs à l'entreprise et à la personne physique sont évalués séparément : un salarié peut devenir résident fiscal sans que cela entraîne une « PE », et inversement.

À lire également : Le nouveau système d'entrée et de sortie (EES) · Employeur officiel (page de service)