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Le point sur la mobilité internationale, septembre 2025

Actualités sur la mobilité internationale | Septembre 2025

Table des matières
  • Belgique
  • République tchèque
  • Finlande
  • France
  • Irlande
  • Italie
  • Royaume-Uni
  • Trouver le juste équilibre entre opportunités et conformité

Dans cette mise à jour, nous passons en revue les dernières évolutions en matière de titres de séjour et de permis de travail à travers l’Europe — des ajustements de quotas et des seuils salariaux aux nouvelles obligations imposées aux employeurs gérant des professionnels en mobilité internationale. Ces réformes couvrent un large éventail de mesures : l’Irlande mène actuellement une consultation sur ses listes de permis de travail, l’Italie a défini ses flux migratoires jusqu’en 2028 et la Belgique a mis en place une nouvelle liste des métiers en pénurie pour la Région de Bruxelles. La République tchèque a redéfini les quotas attribués aux ambassades, tandis que la Finlande a imposé de nouvelles obligations de déclaration aux employeurs. La France a révisé les exigences salariales pour les principales catégories d’immigration, et le Royaume-Uni a durci les conditions d’accès à la voie réservée aux travailleurs qualifiés en relevant les seuils et en restreignant les critères d’éligibilité.

Dans l'ensemble, ces évolutions montrent comment les pays européens réorientent leurs politiques d'immigration afin de répondre à la demande du marché du travail, aux pressions démographiques et aux priorités politiques.

Belgique

À compter du 1er octobre 2025, les ressortissants de pays tiers à la recherche d'un emploi dans la Région de Bruxelles-Capitale bénéficieront d'une liste actualisée des professions en pénurie. Les postes figurant sur cette liste ne nécessiteront plus de test du marché du travail. Publiée le 1er juillet 2025, cette liste recense 82 professions pour lesquelles la demande locale ne peut être satisfaite, offrant ainsi aux entreprises un accès simplifié aux talents internationaux.

Par ailleurs, le gouvernement flamand a renforcé les règles relatives à la responsabilité en chaîne concernant l’emploi de ressortissants de pays tiers. Introduites pour la première fois en 2024, ces règles imposent aux donneurs d’ordre une obligation de diligence consistant à recueillir des informations et des documents spécifiques auprès des sous-traitants qui emploient ou engagent des travailleurs originaires de pays hors de l’UE. Initialement prévue pour janvier 2025, leur mise en œuvre a été reportée à janvier 2026 afin de laisser aux entreprises davantage de temps pour s’y préparer.

Un décret publié le 27 juin 2025 a restreint le champ d'application de ces règles en les limitant aux secteurs à haut risque, bien que ces derniers n'aient pas encore été précisés. Parallèlement, ce décret a élargi le champ d'application de ces dispositions afin que tant les donneurs d'ordre que les sous-traitants soient soumis aux obligations de responsabilité en chaîne. Les mesures actualisées entreront en vigueur au plus tard le 1er janvier 2026.

République tchèque

À compter du 1er juillet 2025, des modifications apportées aux quotas d'immigration sont entrées en vigueur, modifiant le nombre maximal annuel de demandes pouvant être déposées auprès des ambassades tchèques pour les visas d'affaires de longue durée, les titres de séjour de longue durée à des fins d'investissement et les cartes de travailleur. Ces ajustements varient d'une ambassade à l'autre.

L'ambassade de République tchèque à Delhi s'est vu attribuer un quota accru dans le cadre du programme « Digital Nomad ». De nouveaux quotas concernant les cartes d'employé ont également été mis en place pour les ressortissants chinois, gérés par les ambassades de Pékin et de Shanghai, tandis que les quotas de l'ambassade de Bangkok ont été revus à la hausse.

Des quotas ont également été mis en place pour les demandes de carte de travail dans les ambassades de Tokyo et de Taipei ; toutefois, ceux-ci ne s'appliquent pas aux citoyens japonais ou taïwanais, mais aux ressortissants étrangers ayant résidé dans ces pays pendant au moins deux années consécutives.

En revanche, le « quota résiduel » a été de fait supprimé dans cinq ambassades en Afrique : Addis-Abeba, Le Caire, Lusaka, Pretoria et Rabat. Ces changements traduisent un rééquilibrage du système d'immigration tchèque, avec des conséquences mitigées pour les employeurs et les candidats.

Finlande

Le 11 juin 2025, un amendement à la loi sur les étrangers est entré en vigueur, instaurant de nouvelles obligations pour les employeurs. Lorsqu'un ressortissant d'un pays tiers employé au titre d'un titre de séjour lié à l'emploi quitte son emploi avant la date d'expiration de ce titre, l'employeur doit en informer le Service finlandais de l'immigration dans un délai de 14 jours. Les déclarations doivent être effectuées via le système en ligne « Enter Finland », bien que des formulaires papier restent disponibles si nécessaire.

Le respect de ces dispositions est contrôlé par l'autorité chargée de la sécurité et de la santé au travail. Les employeurs qui omettent de signaler ces cas ou qui ignorent les demandes d'informations s'exposent à des amendes et, dans les cas les plus graves, à une suspension temporaire de leur droit d'obtenir de nouveaux titres de séjour liés à l'emploi.

Ce même amendement a instauré la « règle des trois ou six mois de chômage ». En règle générale, en cas de cessation prématurée de l’emploi, le titulaire du permis dispose de trois mois pour trouver un nouvel emploi avant que son permis ne puisse être annulé. Certaines catégories de travailleurs bénéficient toutefois d’un délai de six mois pour la recherche d’emploi. Il s’agit notamment des titulaires de la Carte bleue européenne, des cadres moyens ou supérieurs, des personnes mutées au sein d’un même groupe et des ressortissants étrangers ayant résidé en Finlande pendant plus de deux ans au titre d’un permis de travail.

Par ailleurs, les titulaires d'un titre de séjour pour travailleur salarié peuvent utiliser ce titre pour occuper un nouveau poste au sein du même secteur ou se réorienter vers un autre secteur reconnu au niveau national comme présentant une pénurie de main-d'œuvre.

France

La France a achevé la transposition de la directive européenne relative à la « carte bleue européenne », ce qui permet aux ressortissants étrangers hautement qualifiés d’obtenir plus facilement un titre de séjour pluriannuel d’une durée maximale de quatre ans, renouvelable, sans autorisation préalable de travail. Les conditions d’éligibilité ont été actualisées : les salariés doivent désormais être titulaires d’un contrat de travail d’au moins six mois avec une entreprise française, contre une exigence d’un an auparavant. Les candidats doivent également être titulaires d’au moins une licence ou justifier de cinq ans d’expérience professionnelle pertinente. Pour certains postes, trois ans d’expérience acquise au cours des sept dernières années suffiront, bien que la liste définitive de ces activités ne soit pas encore disponible.

Les nouvelles règles confèrent également aux autorités des pouvoirs accrus pour rejeter les demandes. Une Carte Bleue peut désormais être refusée si l’employeur a pour objectif principal de faciliter l’entrée de ressortissants étrangers, s’il enfreint la législation du travail, fiscale ou en matière de sécurité sociale, ou s’il a été condamné pour emploi illégal. Parallèlement, la mobilité au sein de l’UE a été facilitée : les titulaires d’une Carte Bleue délivrée par un autre État membre de l’UE peuvent s’installer en France après un an, au lieu des 18 mois requis auparavant, et peuvent déposer leur demande de titre de séjour après leur arrivée.

Par ailleurs, un décret du 13 juin 2025 a révisé les exigences salariales applicables à deux catégories de titres de séjour professionnels : « Salarié qualifié » et « Salarié en détachement ». Les salaires pour ces titres de séjour doivent désormais être comparés à un salaire de référence brut. Alors qu’un arrêté ministériel de 2016 fixait ce seuil à 35 891 euros, le gouvernement n’a pas encore confirmé si ce montant restait applicable ou si un seuil plus élevé allait bientôt être introduit. En attendant des précisions, les employeurs et les demandeurs doivent considérer le montant de 35 891 euros comme le minimum de sécurité à respecter pour éviter tout refus et prévoir un budget en conséquence lors de la préparation des contrats. Un nouveau décret est attendu.

Les exigences en matière de langue et d’intégration ont également été renforcées. En vertu de la loi sur l’immigration de janvier 2024, les demandeurs de titres de séjour pluriannuels doivent désormais justifier d’une maîtrise du français de niveau A2 selon le Cadre européen commun de référence pour les langues, tandis que la résidence permanente exige le niveau B1. Pour la naturalisation, le niveau minimum est passé de B1 à B2. Un décret du 15 juillet 2025 a précisé que les demandeurs doivent également suivre une formation civique et réussir un examen officiel à choix multiples portant sur les valeurs, l’histoire, les institutions, les droits et devoirs, la géographie et la culture françaises, avec un seuil de réussite fixé à 80 %. Un entretien avec un agent de l’État a remplacé l’ancien entretien d’assimilation, instaurant ainsi une procédure plus structurée.

Ensemble, ces mesures soulignent la volonté de la France d'attirer des professionnels hautement qualifiés tout en garantissant leur intégration sur le marché du travail et dans la société en général. Pour les employeurs, les priorités immédiates consistent à aligner les salaires au moins sur le niveau de référence de 2016 jusqu'à ce que de nouvelles directives soient publiées, à examiner attentivement les clauses contractuelles et à préparer les candidats aux exigences linguistiques et aux obligations civiques plus strictes qui font désormais partie intégrante de la procédure d'obtention d'un titre de séjour de longue durée.

Irlande

Le ministère des Entreprises, du Commerce et de l'Emploi a lancé une consultation publique visant à réviser les listes de professions qui déterminent l'accès au système irlandais de permis de travail. Ce dispositif repose sur deux listes : la liste des professions non éligibles, qui recense les métiers pour lesquels l'offre nationale ou au sein de l'EEE est suffisante et pour lesquels aucun permis n'est délivré, et la liste des professions en pénurie de compétences, qui identifie les métiers en pénurie pouvant donner lieu à l'octroi d'un permis de travail pour compétences essentielles.

La dernière révision, effectuée en 2023, a ajouté 11 professions à la liste des compétences essentielles et en a retiré 32 de la liste des professions non éligibles, les rendant ainsi éligibles aux permis de travail généraux. La consultation actuelle invite les employeurs et les parties prenantes à soumettre des propositions de reclassification, qu’il s’agisse de faire passer des professions dans la catégorie éligible au permis général ou de les ajouter à la liste des compétences essentielles. La consultation s’est clôturée le 19 septembre 2025.

Italie

Une loi récente a instauré une nouvelle voie d’accès au visa pour les descendants de citoyens italiens. Les candidats éligibles peuvent obtenir un visa national de type D et un titre de séjour leur permettant de travailler en Italie sans être soumis aux quotas annuels prévus par le décret « Flow ». Les candidats doivent disposer d’une offre d’emploi émanant d’un employeur italien, résider hors d’Italie et prouver leur filiation avec un citoyen italien. Les documents spécifiques requis pour attester cette filiation restent à préciser. L’éligibilité sera également limitée aux ressortissants de pays ayant connu des flux migratoires importants vers l’Italie, qui seront définis par un décret interministériel.

Le 30 juin 2025, le Conseil des ministres italien a donné son accord préliminaire au décret sur les flux migratoires pour la période 2026-2028. Cette mesure régit l’entrée régulière de travailleurs non ressortissants de l’Union européenne dans le but de soutenir le marché du travail et de lutter contre l’immigration clandestine. Pour 2026, 164 850 entrées sont prévues, tandis que sur l’ensemble de la période de trois ans, un total de 497 550 autorisations est prévu. Parmi celles-ci, 230 550 concernent des emplois non saisonniers et des activités indépendantes, et 267 000 des emplois saisonniers dans les secteurs de l’agriculture et du tourisme. Le gouvernement entend également promouvoir les admissions hors quota et remplacer progressivement l’actuel système du « click day » par un modèle axé sur les emplois prioritaires et une formation renforcée dans les pays d’origine.

Par ailleurs, un référendum sur la naturalisation organisé les 8 et 9 juin 2025 n’a pas atteint le quorum requis de 50 %, le taux de participation ne s’élevant qu’à 30 %. La proposition aurait réduit la durée de résidence requise pour obtenir la nationalité de dix ans à cinq ans. Les conditions d’accès à la nationalité par filiation ont quant à elles été renforcées : elles exigent désormais un lien direct avec un ancêtre direct (tel qu’un parent ou un grand-parent), des preuves plus strictes de la filiation, ainsi que des exigences supplémentaires telles qu’une résidence effective ou des liens démontrables avec l’Italie. Pour la naturalisation, l’obligation de résidence de dix ans continue de s’appliquer, ainsi que des conditions relatives aux compétences linguistiques, aux revenus, à l’absence de casier judiciaire et au respect des obligations fiscales.

Royaume-Uni

À compter du 22 juillet 2025, des restrictions importantes s’appliquent à la voie « Travailleur qualifié », conformément au Livre blanc sur l’immigration publié par le gouvernement en mai. Les certificats de parrainage délivrés après cette date sont soumis à des règles plus strictes. Seuls les postes de niveau 6 du RQF, équivalents à un niveau de diplôme universitaire ou supérieur, sont désormais éligibles au parrainage. Les postes nécessitant des compétences moyennes, correspondant aux niveaux 3 à 5 du RQF, restent éligibles uniquement s’ils figurent sur la liste des salaires d’immigration ou sur la nouvelle liste des pénuries temporaires.

Les demandes familiales ont également été affectées. Les demandeurs principaux parrainés au titre des catégories « Liste des salaires d'immigration » ou « Liste des pénuries temporaires » ne sont plus autorisés à faire venir des personnes à leur charge, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Les aides-soignants et les accompagnants de personnes âgées ne peuvent présenter leur demande qu'à partir du Royaume-Uni, sous réserve de dispositions transitoires.

Les seuils salariaux prévus dans le cadre de la voie « Travailleurs qualifiés » ont été relevés afin de refléter les dernières données relatives au marché du travail. Parallèlement, 111 professions ont été purement et simplement retirées de la liste des professions éligibles. Ces mesures s’inscrivent dans la stratégie globale du gouvernement visant à réduire l’immigration nette en restreignant l’accès au dispositif et en donnant la priorité aux postes hautement qualifiés.

Trouver le juste équilibre entre opportunités et conformité

La vague actuelle de réformes en matière d’immigration à travers l’Europe met en évidence un défi commun : trouver un équilibre entre la demande de travailleurs qualifiés et les pressions politiques et réglementaires visant à contrôler les flux migratoires. La Belgique et l’Irlande ouvrent de nouvelles voies pour pallier les pénuries de main-d’œuvre, tandis que la République tchèque, la Finlande et la France renforcent leurs procédures et leurs obligations. L’Italie se prépare à accueillir de futurs flux migratoires à grande échelle, et le Royaume-Uni restreint l’accès à son programme destiné aux travailleurs qualifiés en fixant des seuils plus élevés et en imposant des critères d’éligibilité plus stricts.

Pour les employeurs et les professionnels en mobilité internationale, ces réformes offrent des opportunités, mais s’accompagnent d’exigences accrues en matière de conformité. Les nouveaux visas, les quotas révisés et les listes des métiers en pénurie facilitent l’accès aux talents, mais s’accompagnent de critères salariaux plus stricts, d’obligations de déclaration et de normes d’intégration plus rigoureuses. La tendance est aux systèmes qui récompensent les besoins réels et la contribution économique démontrable, tout en fermant les voies jugées susceptibles d’abus.

Dans ce contexte, les organisations doivent identifier les opportunités tout en renforçant leurs cadres de conformité afin de s'adapter à l'évolution des réglementations nationales. Leur réussite dépendra de leur capacité à trouver le juste équilibre : s'assurer les talents nécessaires à leur croissance tout en respectant les normes de responsabilité de plus en plus strictes fixées par les autorités de régulation.

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