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Access Financial: réforme du statut de non-résident_6 avril 2025

Entrepreneurs, la réforme du statut des non-résidents vous concerne-t-elle à compter du 6 avril 2025 ?

Table des matières
  • Les modifications concernant les non-résidents prévues dans le budget de printemps, en bref :
  • Quel est le régime actuel applicable aux non-résidents fiscaux, et comment va-t-il évoluer à compter du 6 avril 2025 ?
  • Qui est concerné ?
  • Dispositions transitoires
  • Détails de la consultation
  • D'où vient cette réforme concernant les non-résidents…
  • Quelque chose d'emprunté, quelque chose de volé ?
  • Une idée originale, qui a fait son temps
  • La règle (arbitraire) des quatre ans
  • Aide pour les journées de travail à l'étranger
  • L'IHT, la petite mine d'or de l'administration fiscale
  • En résumé
  • Pour finir, voici ma recommandation

La réforme du chancelier concernant les « non-dom », dont la portée s'avère plus vaste que prévu, est sans doute la modification fiscale du budget de printemps 2024 la plus éloignée dans le calendrier qui concerne certains prestataires britanniques, puisqu'elle n'entrera en vigueur que le 6 avril 2025, écrit Kevin Austin, expert-comptable agréé et dirigeant d’un cabinet de conseil spécialisé dans les contrats à l’étranger Access Financial.

Les modifications concernant les non-résidents prévues dans le budget de printemps, en bref :

Je vais tenter de présenter les grandes lignes des modifications apportées au régime des « non-dom », qui concernent les prestataires britanniques, en particulier ceux qui exercent leur activité par l’intermédiaire de leur propresociété à responsabilité limitée.
Mais quelle que soit votre situation, le principal point à retenir de cette réforme du régime des « non-dom » proposée par le chancelier Jeremy Hunt est qu’à partir du début du mois d’avril prochain, toute personne ayant été résidente fiscale au Royaume-Uni pendant plus de quatre ans sera imposée au Royaume-Uni sur ses revenus et plus-values étrangers, à l’instar des autres résidents fiscaux britanniques. Il s’agit donc en quelque sorte d’une mesure d’égalisation, motivée pardes considérations ouvertement politiques (sur lesquelles je reviendrai).

Quel est le régime actuel applicable aux non-résidents fiscaux, et comment va-t-il évoluer à compter du 6 avril 2025 ?

Le régime actuel applicable aux personnes dites « non-dom » repose sur le principe du domicile.

Cela peut sembler évident, mais les « non-doms » sont des personnes qui résident au Royaume-Uni sans y être domiciliées, car leur père est né hors du Royaume-Uni.

Au Royaume-Uni, ces personnes sont imposées sur l’ensemble de leurs revenus et plus-values mondiaux. Cependant, grâce au régime fiscal actuel dit de « remittance basis », ces « non-doms » peuvent choisir de n’être imposés sur leurs revenus et plus-values non britanniques que lorsque ceux-ci sont rapatriés au Royaume-Uni. Le gouvernement estime qu’il s’agit là d’une complexité qui « incite » les particuliers à conserver leurs revenus et plus-values étrangers (FIG) à l’étranger.

Sous le prétexte officiel de la modernisation, ce système vieux de plus de 200 ans est en passe d’être remplacé par un critère fondé sur la résidence. Cela signifie que le gouvernement va supprimer le régime de l’imposition sur les revenus perçus à l’étranger pour les non-résidents, au profit de ce que le HMT qualifie (et je partage globalement cet avis) de régime plus simple.

À compter du6 avril2025, un nouveau délai de quatre ans s'appliquera aux personnes devenant résidentes du Royaume-Uni après dix ans d'absence du territoire.

En d'autres termes, les personnes qui choisissent de s'inscrire au nouveau régime ne paieront pas d'impôt au Royaume-Uni sur leur FIG au cours de leurs quatre premières années de résidence fiscale, à condition qu'elles aient pas résidés au Royaume-Uni au cours des dix dernières années. Il n’y aura donc pas d’imposition sur le FIG pendant les quatre premières années — si la personne « opte » pour le nouveau régime —, contre 15 ans d’exonération fiscale actuellement.

Qui est concerné ?

Cette réforme concernera les prestataires non domiciliés résidant actuellement au Royaume-Uni, ainsi que ceux qui envisagent de s'installer au Royaume-Uni après une période de non-résidence.

Ces personnes doivent savoir quel'exonération au titre de l'activité professionnelle à l'étranger (Overseas Workday Relief, OWR)pour les trois premières années de résidence au Royaume-Uni continuera de s'appliquer à celles qui optent pour la période de référence de quatre ans.

Toutefois, les protections fiscales relatives aux revenus et aux plus-values seront supprimées pour les personnes non résidentes qui optent pour de ne pas rejoindre le nouveau système de quatre ans.

D'un point de vue plus positif, si vous êtes concerné par cette refonte, les personnes passant du régime d'imposition sur les transferts de fonds au nouveau régime d'imposition sur les revenus perçus bénéficieront d'un allègement fiscal temporaire de 50 % sur leurs revenus étrangers pendant la première année d'application du nouveau système.

Dispositions transitoires

Il s'agit de l'une des mesures transitoires que le gouvernement mettra en place ; une autre permettra la réévaluation de certains actifs aux fins de l'impôt sur les plus-values. De même, un dispositif temporaire offrira un taux d'imposition réduit pour le rapatriement des FIG antérieurs à 2025.

Et comme la notion de domicile est en passe d'être supprimée ici, mais qu'elle a une incidence sur les droits de succession, cet impôt tant décrié passera lui aussi à un système fondé sur la résidence. Une consultation à ce sujet s'ouvre dès à présent, vous permettant ainsi de donner votre avis.

Détails de la consultation

Nous attendons la date de publication du document de consultation, mais nous pensons que le gouvernement sollicitera prochainement des avis concernant la conception du nouveau système fondé sur la résidence.

Les domaines spécifiques faisant l'objet de la consultation ont été définis au préalable par le HMRC ; ils comprennent les dispositions transitoires visant à faciliter la transition, les critères relatifs à la durée de résidence aux fins de l'impôt sur les successions, les exceptions éventuelles ou « dispositions de fin de période », ainsi que l'interaction avec les règles relatives aux trusts et aux donations.

D'où vient cette réforme concernant les non-résidents…

Mais ne vous attendez pas à ce que beaucoup d’autres personnalités officielles se prononcent sur cette réforme du statut de non-résident fiscal !

Le gouvernement ne voudra sans doute pas qu’on lui fasse remarquer que les 2,6 milliards de livres sterling par an que cette réforme du statut de « non-dom » est censée rapporter (afin de financer la baisse de 2 points de pourcentage des cotisations sociales) sont, au mieux, une estimation hasardeuse. De même, le gouvernement ne voudra probablement pas qu’on lui fasse remarquer que, dans un budget qui relève davantage de la campagne électorale que de l’économie, cette réforme concernant les non-résidents fiscaux est sans doute la plus politique de toutes les mesures fiscales prises par ce chancelier conservateur.

Le Parti travailliste avait déjà pris pour cible ce régime, dénonçant le statut de « non-dom » comme étant obsolète et injuste, sans doute en raison du fait qu’Akshata Murty, l’épouse du Premier ministre Rishi Sunak, avait auparavant bénéficié de ce statut fiscalement avantageux.

Mais pour tout travailleur indépendant actuellement considéré comme « non-dom » qui souhaite planifier son avenir, le caractère politisé de cette réforme offre une certitude plutôt rare. En effet, on ne peut s'attendre à aucune opposition à la mise en œuvre de ces changements si, comme le prédisent les sondages, le Parti travailliste remporte les élections législatives de 2024.

L'ISA britannique, qui a reçu un accueil mitigé de la part de presque tous les milieux, offre un contraste évident : comme il doit encore faire l'objet d'une consultation, il se pourrait bien qu'il ne voie jamais le jour.

Quelque chose d'emprunté, quelque chose de volé ?

En résumé, les conservateurs ont repris à leur compte (ou « volé », si vous êtes un partisan de Sir Keir Starmer) les propositions du Parti travailliste, dans le but d’en tirer un avantage politique immédiat. Mais il ne fait guère de doute que c’est le fait que l’épouse de M. Sunak ait auparavant réussi à ne payer aucun impôt au Royaume-Uni sur ses revenus étrangers qui a été à l’origine de cette réforme.

Il convient toutefois de reconnaître que « Mme Sunak » a renoncé à son statut fiscal et qu'elle paie désormais des impôts sur ses revenus étrangers. Il faut également reconnaître que Downing Street insiste sur le fait que le Premier ministre n'a pris connaissance de cette réforme concernant les « non-dom » qu'une fois les « décisions finales » prises. Et oui, chers travailleurs indépendants, c'est bien ce qu'ils diraient, n'est-ce pas ?!

Mais revenons aux implications pour les entrepreneurs. L’objectif principal de la réforme est de passer d’un système fondé sur le domicile à un système fondé sur la résidence.

Une idée originale, qui a fait son temps

Jusqu’à présent, les personnes dont le père n’était pas né au Royaume-Uni pouvaient faire valoir qu’elles n’étaient pas domiciliées au Royaume-Uni. À cet égard, la notion de domicile est propre au Royaume-Uni. Une personne conserve son domicile de naissance à moins qu’elle n’adopte par la suite un domicile de son choix.

Le statut de « non-dom » confère donc aux personnes qui viennent s'installer au Royaume-Uni un statut fiscal dont sont privés ceux dont le père est né au Royaume-Uni.  

Il est intéressant de noter que, commeje l’avais déjà soulignédans mes commentaires à ContractorUK à l’occasion de la publication du budget de printemps 2024 le 6 mars 2024, la hausse de l’immigration rien qu’en 2023 entraînerait l’arrivée de quelque 750 000 personnes bénéficiant d’un statut fiscal dont ne peuvent profiter les Britanniques dont le père est britannique !

La règle (arbitraire) des quatre ans

N'oubliez pas que le HMRC n'impose actuellement les « non-doms » sur leurs revenus étrangers que dans la mesure où ils les transfèrent au Royaume-Uni. S'ils ne les transfèrent pas, ces revenus sont exonérés d'impôt au Royaume-Uni, bien qu'ils puissent être imposables dans le pays où ils ont été générés.

À compter du 6 avril 2025, le gouvernement remplacera l'ancien régime, quelque peu dépassé, par le nouveau régime d'une durée de quatre ans qui s'appliquera aux personnes devenant résidentes du Royaume-Uni après dix ans d'absence du territoire.

Pour rappel, le FIG ne sera pas imposable pendant les quatre premières années si le contribuable demande à en bénéficier, à condition qu’il n’ait pas été résident au Royaume-Uni au cours des dix années précédentes. Cependant, les motivations politiques à l’origine de ce changement n’expliquent pas vraiment pourquoi cette exonération est limitée à quatre ans. Pourquoi quatre ans ? Ce régime de quatre ans profitera aux personnes disposant de revenus à l'étranger qu'elles n'ont pas encore rapatriés au Royaume-Uni, mais la raison exacte pour laquelle cette durée est fixée à quatre ans n'est pas connue. Quatre ans semblent arbitraires, voire aléatoires.

Aide pour les journées de travail à l'étranger

J'ai évoqué tout à l'heure l'OWR. Il s'agit en fait de l'« Overseas Workday Relief », un allègement fiscal dont peuvent bénéficier les résidents non domicailés au Royaume-Uni qui optent pour le régime d'imposition sur les revenus rapatriés et qui travaillent à l'étranger au cours de l'année fiscale. Ce dispositif permet en effet à un résident non domicailé d'éviter légalement de payer des impôts sur les revenus provenant d'un emploi au Royaume-Uni lorsqu'il exerce ses fonctions entièrement ou partiellement à l'étranger.

Comme indiqué précédemment, l'OWR applicable aux trois premières années de résidence au Royaume-Uni sera maintenu pour les personnes relevant du régime de quatre ans. Mais, comme indiqué également, si un non-dom utilise des trusts à des fins de protection, ces prélèvements mettront fin à cette protection pour les personnes ne relevant pas du régime de quatre ans.

L'IHT, la petite mine d'or de l'administration fiscale

Par ailleurs, j'ai abordé la question des droits de succession. Bien que la consultation sur ce sujet soit toujours en cours, la proposition consiste à modifier le régime des droits de succession pour le fonder sur le lieu de résidence.

Selon la réglementation en vigueur, les non-domiciliés ne sont assujettis aux droits de succession britanniques que sur les biens situés au Royaume-Uni. Le reste de leur patrimoine situé hors du Royaume-Uni n'est pas soumis à ces droits.

Les changements qui entreront en vigueur le 6 avril 2025 impliqueront que le HMRC imposera les résidents non domicilés au titre des droits de succession sur l'ensemble de leurs biens situés dans le monde entier. Une belle source de recettes pour le fisc ? Sans aucun doute.

En résumé

Si vous êtes un travailleur indépendant résidant et exerçant votre activité au Royaume-Uni, mais que vous êtes n'êtes pas domicilié au Royaume-Uni, vous serez concerné par ces changements relatifs aux « non-dom ». Ils vous concerneront que vous exerciez votre activité par l'intermédiaire d'une société britannique, d'une société étrangère ou sans aucune société.

Par ailleurs, si vous avez bénéficié de l’exonération fiscale sur les revenus que vous avez perçus à l’étranger sans pour autant rapatrier vos bénéfices au Royaume-Uni, cela va vous poser un mauvais changement pour vous. De plus, si vous avez exercé une partie de vos fonctions liées à un emploi au Royaume-Uni, cet allègement fiscal finira par disparaître. Vous serez également concerné si vous êtes un travailleur indépendant ou un professionnel en mission temporaire et que vous envisagez de vous installer au Royaume-Uni après une période de non-résidence.

Pour finir, voici ma recommandation

Enfin, si vous êtes une personne fortunée non domiciliée au Royaume-Uni et que vous disposez de revenus et d'un patrimoine importants en dehors du Royaume-Uni, vous devrez désormais réfléchir longuement et sérieusement avant de devenir résident fiscal britannique. Mon conseil ? Familiarisez-vous bien avec le« Statutory Residence Test » (critère de résidence légale) britanniqueavant que ces changements ne vous prennent au dépourvu. Étant donné qu’il y a beaucoup de nouveaux détails à assimiler et qu’il faut du temps pour transférer de l’argent et des actifs, cette date d’entrée en vigueur lointaine fixée par le millionnaire M. Hunt au 6 avril 2025 est peut-être, après tout, tout à fait raisonnable !

15 mars 2024