- La Belgique instaure une obligation de veiller activement au respect du droit au travail des sous-traitants
- Luxembourg – Nouvelles règles pour les travailleurs hautement qualifiés issus de pays tiers
- Allemagne – La « Chancenkarte » ou « carte d’opportunité » pour les ressortissants de pays hors UE
- Réforme de la loi allemande sur la nationalité, 2e partie : reconnaissance de la double nationalité et de la pluralité de nationalités
- Irlande : introduction prochaine d'un nouveau type de permis de travail, amélioration des procédures d'évaluation du marché du travail et modification des règles relatives au changement d'employeur
- Suède : le gouvernement propose de modifier les règles relatives au versement des retraites
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La Belgique instaure une obligation de veiller activement au respect du droit au travail des sous-traitants
Alors que les ressortissants de l'UE n'ont pas besoin de permis de travail pour exercer une activité professionnelle en Belgique, les ressortissants de pays tiers doivent être titulaires d'une carte professionnelle. Bien qu'il existe certaines exceptions dans les deux cas, tout manquement à cette obligation peut entraîner de lourdes sanctions à l'encontre des employeurs et des travailleurs indépendants. Le plus souvent, ce sont les entreprises situées en bout de chaîne de sous-traitance, plutôt que l'employeur principal, qui commettent ces infractions.
Toutefois, en vertu de l'article 12, paragraphe 4, de la loi d'avril 1999 relative à l'emploi des travailleurs étrangers, l'entreprise principale pouvait être tenue pour responsable des infractions à la législation relative au droit au travail des sous-traitants. La loi prévoyait une procédure en trois étapes pour déterminer l'existence d'une infraction.
- Le donneur d'ordre pourrait être tenu pour responsable si un entrepreneur direct qu'il a engagé enfreignait la loi. Cette législation ne s'applique pas aux sous-traitants de l'entrepreneur direct.
- La responsabilité en cas d'infraction commise par un sous-traitant direct ne s'appliquera pas si le donneur d'ordre a conclu avec ce dernier un accord écrit stipulant que personne ne sera employé sans que les règles relatives au droit au travail en Belgique soient respectées. Cela revient essentiellement à inclure dans le contrat une clause stipulant que le sous-traitant s'engage à respecter la loi.
- Le mandant pourrait être tenu responsable d'une infraction commise par un sous-traitant direct s'il avait connaissance de ladite infraction.
Toutefois, un décret adopté le 27 octobre 2023 a modifié la deuxième étape de la procédure. Bien que ce décret ne soit pas encore entré en vigueur, le Journal officiel du 4 juin 2024 a publié un décret, daté du 26 avril 2024, qui prévoyait les mesures d'application essentielles et précisait que le décret d'octobre 2023 entrerait en vigueur le 1er janvier 2025.
Le décret transforme la deuxième étape de l’approche en trois étapes en une obligation, selon laquelle le donneur d’ordre doit vérifier et contrôler activement le respect de la loi sur le droit au travail par ses sous-traitants directs. Afin d’éviter toute responsabilité en cas d’infractions commises par un sous-traitant direct, le donneur d’ordre exige de ce dernier une déclaration écrite confirmant le respect de la législation. En outre, le donneur d’ordre doit faire preuve d’une « diligence appropriée » pour prévenir les infractions commises par le sous-traitant direct.
Pour les entreprises étrangères exerçant temporairement leurs activités en Belgique, les documents requis sont les suivants :
- Justificatif du droit de séjour dans le pays d'origine.
- La déclaration Limosa, qui contient des informations sur l'employeur et le salarié.
- Justificatif attestant que le régime de sécurité sociale du pays d'origine reste applicable pendant la période de travail en Belgique.
Luxembourg – Nouvelles règles pour les travailleurs hautement qualifiés issus de pays tiers
Le Luxembourg a adopté une nouvelle loi qui assouplit les conditions de travail et de séjour des travailleurs hautement qualifiés originaires de pays tiers. Cette nouvelle législation simplifie la procédure de demande de « carte bleue européenne », la rendant ainsi plus attractive pour les travailleurs étrangers qualifiés. L'objectif est de pallier les pénuries de main-d'œuvre qualifiée sur le marché du travail luxembourgeois.
La nouvelle loi, publiée au Journal officiel luxembourgeois « Mémorial A 261 » le 27 juin 2024, transpose la directive (UE) 2021/1883, qui définit les critères d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers au Luxembourg aux fins d’un emploi « hautement qualifié ».
Les conditions de travail et de séjour simplifiées et améliorées prévues par la loi facilitent la mobilité au sein de l'Union européenne grâce aux changements suivants :
- Mobilité à long terme : les travailleurs titulaires d'une carte bleue européenne peuvent désormais se rendre d'un État membre à un autre pour occuper un emploi hautement qualifié après 12 mois de résidence légale (contre 18 mois auparavant) dans l'État membre qui a délivré la carte bleue. Ils peuvent commencer à travailler dans le nouvel État membre dès la fin de la procédure de demande, sans avoir à attendre l'octroi du titre de séjour. Si la demande est rejetée, le travailleur peut retourner travailler dans l'État membre qui a délivré la carte bleue européenne.
- Mobilité à court terme : les titulaires d’une Carte bleue européenne peuvent désormais séjourner dans un autre État membre pendant une durée maximale de 90 jours au cours d’une période de 180 jours afin d’y exercer des activités professionnelles. Ces activités peuvent inclure des voyages d’affaires, la participation à des séminaires et à des conférences, des négociations contractuelles, des activités de marketing et de vente, ainsi que des formations.
- Modifications apportées aux conditions d'obtention de la Carte Bleue : des modifications ont été apportées concernant la durée du contrat de travail, les compétences requises pour être considéré comme un travailleur hautement qualifié et la rémunération minimale.
- Abaissement des seuils : la durée d'emploi requise avant qu'un travailleur d'un pays tiers puisse changer d'employeur et bénéficier d'un traitement égal à celui des ressortissants luxembourgeois dans le cadre d'un emploi hautement qualifié a été ramenée de 24 à 12 mois.
- Durée du titre de séjour : cette durée est désormais portée à 4 ans, contre 2 ans auparavant.
Parmi les autres modifications, on peut citer :
- Prolongation des durées autorisées de chômage
- Faciliter le regroupement familial
- Consolidation des droits liés au travail indépendant et à la formation, et reconnaissance des qualifications
La loi est entrée en vigueur le 1er juillet 2024.
Allemagne – La « Chancenkarte » ou « carte d’opportunité » pour les ressortissants de pays hors UE
L'Allemagne a mis en place un nouveau visa de travail, appelé « Chancenkarte » (carte des opportunités), qui entrera en vigueur le 1er juin 2024. Ce nouveau visa offre aux ressortissants de pays hors UE la possibilité de travailler et de résider en Allemagne, sur la base de critères spécifiques et d'un système de points régissant l'octroi du visa de travail. La « Chancenkarte » simplifie et accélère la procédure d'obtention d'un visa de travail pour l'Allemagne, en particulier pour les ressortissants de pays tiers qualifiés et expérimentés.
La « Chancenkarte » a pour objectif d'attirer des talents du monde entier, en permettant aux ressortissants de pays hors UE d'entrer en Allemagne sans avoir besoin d'une offre d'emploi préalable. Grâce à cette carte, la personne peut résider en Allemagne pendant un an au maximum tout en recherchant un emploi.
Cette carte est délivrée selon un système de points qui évalue les qualifications du demandeur, son expérience professionnelle, ses compétences linguistiques, son âge et plusieurs autres facteurs. Ce nouveau visa de travail offre une certaine souplesse tout en reconnaissant les diplômes étrangers et en autorisant le travail à temps partiel ainsi que le séjour sur le territoire pendant la recherche d'un emploi à temps plein.
La « carte d’opportunité » vise à remédier à la pénurie croissante de main-d’œuvre dans le pays en facilitant l’accès au marché du travail allemand pour les professionnels issus des secteurs de l’éducation, de la médecine, de l’ingénierie, de l’industrie manufacturière et d’autres domaines. Les candidats devront être titulaires d’un diplôme universitaire ou d’une qualification professionnelle reconnus en Allemagne. Parmi les autres conditions essentielles, on peut citer :
- Qualifications : Diplôme universitaire ou formation professionnelle (d’une durée minimale de 2 ans).
- Compétences linguistiques : Connaissances de base en allemand (niveau «A1 » ou supérieur) ou en anglais (niveau B2 ou supérieur).
- Sécurité financière : Justifier de sa capacité à subvenir à ses besoins financiers pendant son séjour en Allemagne, ainsi que d'une assurance maladie en cours de validité.
- Note : un minimum de 6 points est requis pour pouvoir prétendre à la « Opportunity Card ». Le système de points évalue les qualifications du candidat, son expérience professionnelle, ses compétences linguistiques, son âge, ses séjours antérieurs dans le pays et les offres d'emploi potentielles.
Il n'y a aucun avantage à obtenir un score nettement supérieur à 6 points. Le respect des conditions minimales permet à la personne concernée de déposer une demande de « Chancenkarte ».
Réforme de la loi allemande sur la nationalité, 2e partie : reconnaissance de la double nationalité et de la pluralité de nationalités
Depuis le 27 juin 2024, la loi sur la modernisation du droit de la nationalité, autorisant la pluralité de nationalités, est entrée en vigueur en Allemagne. Avant cette réforme, l’Allemagne n’autorisait pas ses citoyens à acquérir la nationalité d’un autre pays sans renoncer à leur nationalité allemande. De même, les ressortissants d’un autre pays souhaitant obtenir la nationalité allemande devaient renoncer à leur nationalité d’origine pour devenir citoyens allemands.
La nouvelle loi a entraîné plusieurs modifications de la législation allemande relative à la nationalité, notamment :
- Plurinationalité: les citoyens allemands peuvent désormais posséder la nationalité d'un ou de plusieurs pays, bien qu'il existe certaines exceptions dans des circonstances exceptionnelles.
- Réduction des délais de naturalisation : la durée minimale de résidence en Allemagne requise pour la naturalisation a été ramenée de 8 à 5 ans. De plus, dans certains cas particuliers où la personne est considérée comme « exceptionnellement bien intégrée », cette durée minimale peut être réduite à 3 ans seulement.
- Naturalisation facilitée pour les enfants : les enfants de ressortissants étrangers nés en Allemagne se verront désormais accorder la nationalité allemande de plein droit si au moins l'un de leurs parents réside en Allemagne depuis au moins 5 ans et dispose d'un titre de séjour permanent. Auparavant, la durée minimale de résidence requise pour le parent était de 8 ans.
La modernisation de la loi sur la nationalité devrait rendre la nationalité allemande plus attrayante et favoriser ainsi son acquisition. Elle pourrait renforcer l'attrait de l'Allemagne en tant que marché du travail pour les talents étrangers, puisque l'accès au passeport allemand deviendra plus facile. Le nombre de personnes acquérant la nationalité allemande est actuellement inférieur à la moyenne de l'Union européenne, bien que l'Allemagne soit l'une des économies les plus solides du bloc.
Irlande : introduction prochaine d'un nouveau type de permis de travail, amélioration des procédures d'évaluation du marché du travail et modification des règles relatives au changement d'employeur
La loi de 2024 sur les permis de travail a été promulguée le 25 juin 2024, apportant des modifications au système irlandais des permis de travail. Cette nouvelle loi vise à harmoniser les règles relatives aux permis de travail pour les travailleurs saisonniers, en modernisant le système grâce à une rationalisation des procédures d’évaluation du marché du travail, à une modification des directives relatives au « changement d’employeur » et à l’introduction de nouvelles obligations de déclaration.
Si cette loi facilitera le recrutement de talents en Irlande, elle pourrait également poser des difficultés administratives aux employeurs, compte tenu de l’importance accrue accordée par le gouvernement irlandais au respect de la réglementation. Le calendrier de mise en œuvre de la nouvelle loi n’a pas encore été communiqué.
Parmi ces changements, on peut citer :
- Permis de travail saisonnier : jusqu’à présent, il n’existait pas en Irlande de permis de travail destiné aux travailleurs saisonniers étrangers. Ce nouveau permis s’applique aux emplois « saisonniers récurrents » exercés pendant une période déterminée de l’année, d’une durée comprise entre 3 et 7 mois. Le permis peut être refusé si l’employeur ne parvient pas à fournir une assurance maladie ou un logement adéquats au travailleur saisonnier. Actuellement, les employeurs doivent recourir à d’autres voies d’immigration pour les travailleurs saisonniers, qui sont généralement plus complexes sur le plan administratif et plus coûteuses.
- Procédure de vérification du marché du travail : la vérification du marché du travail ne devra plus être effectuée par le biais des journaux. Désormais, les offres d'emploi ne pourront être publiées que sur des plateformes en ligne agréées. Cette mesure devrait rendre les procédures de vérification du marché du travail plus efficaces et plus économiques pour les employeurs.
- Changement d'employeur : les titulaires d'un permis de travail général ou d'un permis de travail pour compétences essentielles pourront désormais demander à changer d'employeur, à condition que leur permis soit encore valable pendant au moins deux mois. Actuellement, les titulaires de permis doivent demander un nouveau permis de travail. De plus, les titulaires d'un permis de travail saisonnier peuvent changer d'employeur si leur permis est encore valable pendant au moins trois semaines. Par ailleurs, les salariés ne seront plus autorisés à demander un autre permis de travail avant d’avoir accompli 12 mois sous le premier permis.
La loi de 2024 sur les permis de travail autorise également le ministre de la Justice à modifier la réglementation afin de mieux s'adapter aux évolutions du marché du travail, sans qu'il soit nécessaire d'adopter de nouvelles dispositions législatives. Cela permettra à l'Irlande de réagir rapidement aux changements concernant les métiers en demande et à d'autres facteurs liés au marché du travail.
Suède : le gouvernement propose de modifier les règles relatives au versement des retraites
Le 18 juin 2024, le gouvernement suédois a signé une proposition visant à modifier les règles relatives au versement des pensions professionnelles à partir des comptes d'épargne-retraite et de l'assurance retraite. Ces modifications avaient initialement été proposées en octobre 2023 par un groupe de travail multipartite composé de représentants des huit partis représentés au Parlement, le « Pensionsgruppen ». L'objectif était d'assouplir les conditions de retrait des pensions professionnelles.
Les nouvelles règles permettront aux retraités de suspendre le versement de leur pension ou de prolonger la période de versement au cours des cinq premières années suivant le début de leur retraite. « Les retraités suédois devraient pouvoir choisir comment ils souhaitent organiser leur retraite. Le gouvernement met désormais en place un système plus souple pour le versement de la pension d'entreprise », a déclaré la ministre suédoise des Finances, Elisabeth Svantesson.
La proposition modifie la « règle des cinq ans » actuellement en vigueur, selon laquelle les versements au titre de l'assurance retraite et des comptes d'épargne-retraite ne peuvent être effectués pour une durée inférieure à cinq ans. De plus, chaque versement doit être d'un montant identique ou croissant, ce qui signifie que les versements de retraite ne peuvent être interrompus pendant les cinq premières années suivant leur début.
Grâce à cette nouvelle réglementation, les retraités peuvent suspendre le versement de leur pension et reprendre une activité rémunérée. Ces nouvelles dispositions permettent aux retraités de se remettre au travail plus facilement et de manière plus avantageuse, sans subir de perte financière liée à une augmentation de leur imposition due à leur pension d'entreprise.
Le projet de loi propose également d’assouplir les modalités de versement des pensions de réversion, conformément aux recommandations formulées par l’Agence suédoise des retraites (Pensionsmyndigheten) et l’Association nationale des retraités (Riksförbundet PensionärsGemenskap).
Les modifications proposées aux règles relatives au versement des pensions devraient entrer en vigueur le 2 janvier 2025.